Combien coûte un site internet en 2026 ?
C’est la première question que tout le monde pose, et c’est aussi celle à laquelle personne ne veut répondre clairement. Vous demandez un prix, on vous répond "ça dépend du besoin". Vous insistez, on vous propose un rendez-vous d’une heure. Trois semaines plus tard vous avez un devis de neuf pages et vous ne savez toujours pas pourquoi c’est ce prix-là.
On va faire l’inverse. Voici les fourchettes réelles du marché français, ce qu’il y a derrière, et surtout ce qui fait grimper une facture sans rien apporter à votre activité.
Les fourchettes réelles du marché
Le do it yourself, entre 150 et 600 euros par an
Wix, Squarespace, Webflow en formule de base. Vous prenez un template, vous remplacez le texte, vous mettez vos photos. L’abonnement tourne entre 15 et 50 euros par mois selon les options, et il ne s’arrête jamais.
Sur le papier c’est l’option la moins chère. Dans les faits il faut compter votre temps. Un indépendant qui n’a jamais fait ça y passe entre 20 et 40 heures, week-ends compris, pour un résultat qui ressemble à celui de trois cents autres personnes dans son secteur. Si votre heure vaut quelque chose, le calcul se retourne assez vite.
L’autre problème est moins visible. Vous ne possédez pas le code. Le jour où vous voulez partir, vous repartez de zéro.
Le freelance, entre 800 et 3 000 euros
C’est le segment le plus large et le plus hétérogène du marché. On y trouve des étudiants qui livrent un WordPress bricolé pour 500 euros et d’excellents développeurs indépendants qui facturent 3 000 euros un travail que certaines agences vendent 8 000.
La qualité dépend entièrement de la personne. Le seul indicateur fiable reste le portfolio. Regardez trois sites qu’il a livrés, ouvrez-les sur votre téléphone, et regardez s’ils chargent vite.
L’agence classique, entre 3 000 et 15 000 euros
Un site vitrine dans une agence traditionnelle démarre rarement en dessous de 3 000 euros hors taxes et monte facilement à 8 000 pour une dizaine de pages. Au-delà de 15 000 on parle d’e-commerce ou de développement spécifique.
Ce prix n’est pas du vol. Il correspond à une structure. Un commercial qui vous démarche, un chef de projet qui organise les réunions, un directeur artistique, un intégrateur, des bureaux à Paris ou à Lyon, et une marge. Vous payez tout ça, pas seulement le site.
La question honnête est de savoir si un photographe indépendant ou un cabinet de kiné a besoin de cette chaîne complète pour un site de cinq pages. Souvent non.
Le studio moderne, entre 700 et 2 000 euros
C’est la catégorie qui a émergé ces trois dernières années. Petite équipe, pas de bureaux, outils modernes, process automatisé sur les parties répétitives, et du temps humain concentré sur ce qui compte vraiment, le design et le contenu.
Chez Klartey Studio par exemple, un site one page premium est à 790 euros hors taxes et un site multi-pages complet à 1 199 euros hors taxes. Ce sont les tarifs affichés, sans devis à rallonge.
Ce qui fait vraiment varier le prix
Quatre facteurs pèsent réellement dans une facture. Le reste est du décor.
Le nombre de pages. Une page unique coûte évidemment moins cher que sept. Mais l’écart est moins grand qu’on croit, parce que le gros du travail est fait sur la première page, celle qui pose le design.
Le sur mesure contre le template. Adapter un thème existant prend quelques heures. Concevoir une identité visuelle propre à votre activité prend des jours. C’est là que se joue la vraie différence de prix, et aussi la vraie différence de résultat.
Les fonctionnalités. Réservation en ligne, paiement, espace client, multilingue, chatbot. Chaque brique ajoute du temps de développement et parfois un abonnement mensuel côté outil tiers.
Le contenu. Si vous fournissez vos textes et vos photos, vous payez le site. Si le prestataire doit écrire vos textes et organiser un shooting, comptez entre 500 et 2 000 euros de plus. Ce n’est pas une arnaque, c’est un autre métier.
Les coûts qu’on oublie systématiquement
Le prix affiché n’est jamais le prix total. Vérifiez ces quatre lignes avant de signer.
Le nom de domaine. Entre 10 et 15 euros par an pour un .fr ou un .com. Certains prestataires l’offrent la première année, d’autres le facturent avec une marge de 300 pour cent. Demandez.
L’hébergement. Entre 5 et 25 euros par mois chez la plupart des hébergeurs classiques. Sur les stacks modernes, un site vitrine statique peut être hébergé gratuitement avec de meilleures performances. Si on vous facture 150 euros par an d’hébergement pour cinq pages, demandez pourquoi.
La maintenance. C’est la ligne la plus piégeuse. Les agences facturent souvent entre 200 et 500 euros par mois. Sur un site vitrine qui bouge trois fois par an, c’est difficile à justifier. Une formule à 40 euros par mois ou un tarif horaire à la demande couvre largement le besoin réel.
Les modifications après livraison. Combien de temps avez-vous pour demander des ajustements sans surcoût ? Si la réponse est zéro, chaque virgule vous sera facturée.
Un site à 790 euros peut-il être bon ?
La question est légitime et la réponse est oui, à condition de comprendre d’où vient l’écart.
Un prix bas peut venir de trois endroits. Un travail bâclé, et là vous le verrez tout de suite. Un template revendu tel quel, et là vous le verrez au bout de six mois quand vous croiserez le même site chez un concurrent. Ou une structure légère et des outils efficaces, et là vous ne verrez aucune différence avec un site à 5 000 euros.
Pour trancher, posez trois questions au prestataire.
Est-ce que le code m’appartient ? Si la réponse est floue, fuyez.
Puis-je voir trois sites livrés récemment, en live, pas des maquettes ? Ouvrez-les sur mobile et chronométrez le chargement.
Que se passe-t-il si je veux modifier quelque chose dans six mois, et combien ça coûte ? Le prix du suivi doit être connu avant la signature, pas après.
Et la TVA
Détail que beaucoup d’indépendants oublient. Si vous êtes professionnel assujetti à la TVA, les 20 pour cent sur la facture de votre site vous sont remboursés. Un site à 790 euros hors taxes vous coûte 948 euros toutes taxes comprises à la sortie, mais votre coût réel reste 790 euros.
Autrement dit, comparez toujours des montants hors taxes entre eux. Un prestataire qui n’affiche que du TTC vous fait paraître son prix plus élevé qu’il ne l’est, ou vous cache qu’il n’est pas assujetti.
En résumé
Pour un professionnel indépendant, un artisan ou un cabinet, la zone raisonnable en 2026 se situe entre 800 et 2 500 euros hors taxes pour un site vitrine sur mesure, contenu fourni par vos soins. En dessous, vérifiez qu’on ne vous vend pas un template. Au-dessus, demandez précisément ce que vous payez en plus.
Le meilleur indicateur reste celui-ci. Un prestataire qui affiche ses prix publiquement n’a rien à cacher. Un prestataire qui refuse de donner un ordre de grandeur avant trois réunions vous fait déjà perdre de l’argent.
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