L'objection est toujours la même et elle est légitime. Je ne prends que par recommandation, mon carnet est plein, pourquoi payer un site. Le raisonnement se tient, sauf qu'il repose sur une idée fausse de ce que fait une recommandation aujourd'hui.
Quand un voisin donne votre nom, la personne ne vous appelle pas. Elle tape votre nom dans Google. Ce qu'elle trouve à ce moment précis décide si elle vous appelle ou si elle rappelle son voisin pour demander un autre nom.
Ce qu’un site change réellement
Il sécurise le bouche à oreille
C'est le rôle principal et il est massivement sous estimé. Une recommandation qui ne trouve aucune trace en ligne perd une bonne partie de sa force, surtout pour un chantier à plusieurs milliers d'euros chez des gens qui ne vous connaissent pas.
Il filtre les demandes
Une page qui indique clairement votre zone d'intervention, vos spécialités et vos ordres de prix supprime les appels sans suite. Beaucoup d'artisans passent plusieurs heures par semaine au téléphone sur des demandes qui n'aboutiront jamais.
Il capte la demande urgente
Une fuite, une panne, une vitre cassée. Ces recherches se font au téléphone, dans l'urgence, et la personne appelle le premier professionnel crédible et joignable. Sans présence en ligne, vous n'êtes tout simplement pas dans la sélection.
Il permet de monter en gamme
Des photos de chantiers soignées et des textes précis attirent une clientèle différente de celle des annuaires où l'on compare uniquement les prix. C'est l'effet le plus lent à venir et le plus intéressant sur la durée.
Le calcul honnête. Un site à 1 200 € qui vous apporte deux chantiers par an est amorti dès la première année pour la plupart des métiers du bâtiment. Le vrai coût, c'est celui des chantiers que vous ne voyez jamais passer.
Les six pages qui suffisent
| Page | Ce qu’elle doit contenir |
|---|---|
| Accueil | Votre métier, votre zone, votre téléphone en évidence, trois réalisations |
| Prestations | Une section par type d’intervention, avec les mots que les clients emploient |
| Réalisations | Une quinzaine de chantiers, avant et après, avec la commune et la nature des travaux |
| Zone d’intervention | La liste des communes couvertes, une carte, le rayon en kilomètres |
| À propos | Vos années d’expérience, vos qualifications, votre assurance décennale, votre visage |
| Contact | Téléphone cliquable, formulaire court, horaires, délai de réponse annoncé |
La page zone d'intervention est celle qu'on oublie le plus souvent alors qu'elle rapporte beaucoup. Elle vous positionne sur les recherches associant votre métier au nom de chaque commune voisine, là où la concurrence est faible.
Les photos de chantiers
C'est le contenu le plus regardé et le plus déterminant. Un artisan qui montre son travail se distingue immédiatement de celui qui affiche des images de banque d'images.
- Photographiez avant, pendant et après. La comparaison est ce qui parle le plus, elle rend le travail visible pour quelqu'un qui n'y connaît rien.
- Prenez les photos avec le téléphone, en lumière du jour, après avoir rangé le chantier. C'est suffisant, la sincérité prime sur la technique.
- Nommez la commune et la nature des travaux sous chaque réalisation. C'est utile au visiteur et cela vous référence localement.
- Demandez l'accord du client pour publier, à l'oral cela suffit, et évitez tout ce qui permettrait d'identifier le logement précisément.
La fiche Google Business, l’autre moitié du travail
Pour un artisan, la fiche Google apporte souvent plus de contacts directs que le site lui même. Les deux se renforcent, la fiche vous fait apparaître dans la carte, le site rassure celui qui clique.
- Remplissez la fiche entièrement. Catégorie exacte, zone desservie, horaires, téléphone, lien vers le site.
- Ajoutez des photos de chantiers régulièrement. Les fiches actives remontent mieux que les fiches figées.
- Demandez systématiquement un avis en fin de chantier, au moment où le client est satisfait. C'est le seul moment où il le fera.
- Répondez à tous les avis, y compris les négatifs, calmement et factuellement. Une réponse posée à un avis injuste rassure plus qu'une absence d'avis négatif.
Dix avis récents et une fiche complète vous placent devant la plupart de vos concurrents locaux, souvent sans que rien d'autre ne soit nécessaire.
Ce que ça coûte et ce que ça rapporte
Le budget d'un site d'artisan n'a rien de comparable à celui d'une marque. Voici les ordres de grandeur réels, et le seuil de rentabilité correspondant.
| Poste | Montant | Périodicité |
|---|---|---|
| Création du site, six pages | 800 à 2 000 € HT | Une fois |
| Nom de domaine | 12 à 20 € | Par an |
| Hébergement d’un site statique | 0 à 60 € | Par an |
| Photos de chantiers | 0 €, faites au téléphone | En continu |
| Fiche Google Business | 0 € | Gratuit |
| Mise à jour annuelle | 0 à 150 € | Par an |
Pour un plombier, un électricien ou un menuisier, un seul chantier de taille moyenne couvre l'ensemble. La question n'est donc pas de savoir si c'est rentable, mais combien de temps vous acceptez de rester invisible.
Les mots que vos clients tapent réellement
C'est l'écart le plus fréquent entre un site d'artisan et les recherches qui pourraient l'amener. Vous écrivez votre métier, vos clients écrivent leur problème.
- On cherche rarement menuisier, on cherche remplacer une fenêtre suivi du nom de sa ville.
- On cherche rarement électricien, on cherche mise aux normes tableau électrique ou installer une borne de recharge.
- On cherche rarement maçon, on cherche ouvrir un mur porteur ou refaire une terrasse.
- On ajoute presque toujours un lieu, et souvent une urgence, du type en urgence ou ce week end.
La conséquence est simple. Votre page prestations doit être écrite avec les mots du client, pas avec ceux du devis. Une section par type d'intervention, nommée comme les gens la formulent, vaut mieux qu'une longue liste de compétences.
Ce qu’il ne faut pas faire
- Payer un annuaire professionnel plusieurs centaines d'euros par an. Vous y êtes noyé parmi vos concurrents et vous ne possédez rien.
- Laisser un site en ligne avec des informations périmées. Un numéro qui ne répond plus fait plus de dégâts que l'absence de site.
- Utiliser des photos génériques. Un visiteur reconnaît une image de banque d'images en une seconde et en tire une conclusion immédiate.
- Cacher son numéro de téléphone derrière un formulaire. Dans ces métiers, la majorité des clients appellent, il doit être cliquable en haut de chaque page.
- Négliger l'affichage mobile. Presque tous vos visiteurs arrivent depuis un téléphone, souvent depuis la carte Google.
Ce qu’il faut faire une fois le site en ligne
Un site d'artisan demande très peu d'entretien, à condition de prendre trois habitudes qui tiennent en quelques minutes.
- Ajouter une réalisation par mois. Prenez trois photos en fin de chantier, envoyez les, c'est tout. Un site qui bouge remonte mieux qu'un site figé.
- Demander un avis Google à chaque client satisfait, le jour même. Passé une semaine, le taux de réponse s'effondre.
- Vérifier une fois par an que le numéro, les horaires, la zone d'intervention et l'assurance affichés sont toujours exacts.
C'est l'équivalent d'une heure par an. En face, un site laissé à l'abandon perd progressivement ses positions et finit par donner l'impression que l'activité s'est arrêtée, ce qui est le pire message possible pour quelqu'un qui hésite à confier un chantier.
Ce qu’il faut retenir
Un artisan n'a pas besoin d'un grand site. Il a besoin d'une page qui prouve son travail, d'une zone d'intervention claire, d'un numéro cliquable et d'une fiche Google tenue à jour.
Le bouche à oreille reste votre meilleur canal. Le site est simplement ce qui l'empêche de se perdre en route.